Tour du Queyras

Le Queyras …

Le Queyras est une haute vallée des Hautes-Alpes située au sud-est de Briançon. La place-forte de Montdauphin, en surplomb du Guil, en commande l’entrée à l’ouest, tandis que le territoire est bordé par un cirque de hauts sommets. Le Queyras est aussi un Parc Naturel Régional depuis 1977.

A titre personnel ce fut une destination de vacances lorsque j’étais enfant; cette région est fréquemment évoquée par ma famille où les souvenirs y sont nombreux.

Le Queyras c’est un petit territoire à forte identité où se mêlent tradition et ouverture sur le monde actuel grâce aux jeunes générations.

C’est sous forme d’une itinérance de 7 jours que j’ai redécouvert ces paysages sauvages, dans le cadre d’un treck organisé par Allibert.

De Ceillac à La Chalp Saint Véran …

Du village de Ceillac l’itinéraire passe par le col Fromage (2 301 m), la Chapelle Saint-Simon et permet de rejoindre le hameau La Chalp de Saint-Véran.

Nous passons la soirée à La maison du soleil, à Saint-Véran, où notre jeune guide, passionnée d’astronomie, nous accueille. Loin des grandes agglomérations, Saint-Véran se situe à 2 042 m d’altitude, offrant un ciel pur, propice à l’observation du ciel nocturne.

De Saint-Véran au refuge Agnel …

Tôt dans la matinée nous gagnons le village de Saint-Véran, aux constructions caractéristiques de la région. Toitures en lauze ou en mélèze, constructions en troncs de mélèze, avec la technique appelée « fuste » témoignent de l’adaptation au milieu montagnard et à ses ressources.

L’itinéraire est jalonné de vastes alpages, lacs d’altitude (lacs Blanchet) où règne la linaigrette et vues sur les sommets environnants (montagne des Toillies). A cette altitude nous rencontrons de nombreuses fleurs alpines, dont l’édelweiss ainsi qu’un lagopède suivi de ses petits. Cette espèce, survivante de l’ère glaciaire est à terme menacée par le réchauffement climatique en altitude qui modifie l’étagement de la flore et de la faune.

Le sommet schisteux du Caramantran (3 025 m) offre un magnifique point de vue sur le col de Chamoussière et le Col Agnel à proximité duquel nous rejoignons le refuge de même nom. Par contre le Mont Viso est le grand absent du paysage, des nuages de foehn s’accrochant aux sommets de la frontière italienne. Nous distinguerons sa silhouette caractéristique lors de la dernière étape.

Du refuge Agnel à Abriès …

Sous l’imposant Pain de sucre, nous gagnons le Col Vieux (2 806 m). A l’affut de la faune sauvage nous finissons par distinguer une harde de bouquetins qui se découpe sur les crêtes. Sous le verrou glaciaire en contrebas du lac Foréant, nous observons un jeune bouquetin solitaire (éterlou). Menacés de disparition au début du XIXè siècle, la réserve créée en 1856 par le roi Victor-Emmanuel II, devenue le Parc National du Grand-Paradis en a permis la préservation. Les bouquetins ont été réintroduits dans le Queyras dans les années 1990 et s’y sont fixés.

De torrents tumultueux en lac glaciaire (lac Egorgeou) et mélézin nous arrivons au terme d’une longue descente au village d’Abriès. Celui-ci accueille pour quelques jours le festival de musique Musi’Queyras auquel nous ne manquons pas de nous rendre. Nous avons aussi l’occasion de découvrir la sculpture traditionnelle du Queyras : après le tracé au compas, sur un support carré de bois cembro, il s’agit de sculpter en creux à l’aide d’un opinel afin de faire ressortir le motif de la rosace. Certains sont plus habiles que moi à cet exercice !

D’Abriès aux Fonts de Cervières …

Après avoir quitté les forêts de mélèze, le sentier gagne l’étage alpin. La chaleur de ce mois de juillet devient accablante, malgré l’altitude. Le lac du Grand-Laus offre un peu de fraicheur dans ce vaste espace minéral.

L’orage menace sur le Pic de Malrif (2 906 m) et il est préférable de renoncer à son ascension. Du col homonyme nous rejoignons le hameau des Fonts de Cervières.

Des Fonts de Cervière à Brunissard …

Des alpages nous rejoignons le col de Péas. Le sentier est dominé par le Pic de Rochebrune, et une succession de pics, véritables dentelles de calcaire qui dominent de vastes pierriers. Au nord le Briançonnais. Plus bas nous atteignons le hameau de Souliers, puis Brunissard en contrebas du Col d’Izoard.

De Brunissard aux chalets de Furfande …

Cette étape fait écho à mes souvenirs d’enfance puisque nous l’avions faite depuis Arvieux. Qu’importe les photos carte postale; les paysages sont tellement harmonieux. Le refuge de Furfande est un lieu de quiétude, hors du temps, loin des turpitudes de la société.

De Furfande au hameau de Gros …

A regret nous quittons les alpages de Furfande, alpages suspendus à 2000 m au dessus des gorges du Guil en franchissant le col du Garnier (2 279 m). Reste à dérouler nos pas jusqu’au hameau de Gros, d’où une navette nous redescend à Mont Dauphin.

Fin du périple

Notre périple d’une centaine de km s’achève au terme de 7 jours de col en col, de gîtes en refuges dans les magnifiques paysages du Queyras. Merci à notre guide pour le partage de sa passion de cette belle région, la richesse de ses connaissances, les chemins de traverse parfois, merci au groupe pour sa bonne humeur quotidienne …

2 réflexions sur “Tour du Queyras

  1. Extraordinaire périple que tu relates ici Sophie. Cela donne envie d’aller arpenter ce secteur d’une beautés sauvage et qui semble bien préservé. Tes photos sont sublimes dans les détails ! J’adore le refletêt avec les linaigrettes en premier plan ! Un très beau cliché ! Merci d’avoir pris le temps d’écrire ce billet très documenté et qui vaut toutes les plaquettes des offices de tourisme !

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