Combes enneigées de Thiébouhans

L’air est vif ce matin. Ou tout simplement les corps ne sont-ils plus habitués aux températures hivernales. Modestes pourtant !

Peu avant Maîche, à l’embranchement de la route de Goumois, nous doutons encore. Les raquettes seront-elles nécessaires pour atteindre le Mont Miroir, notre objectif, ou resteront-elles encore sur nos sacs ? Comme tant de fois les hivers précédents ! Mais non ! La neige est là, suffisamment épaisse pour justifier l’utilisation des raquettes tout au long de notre itinéraire.

Aux abords des maisons du hameau, un igloo ! Ces derniers jours, la quiétude habituelle du village a du être émaillée des voix cristallines des enfants, affairés à la construction de leur abri éphémère. Ou à de supposées batailles de boules de neige !

Le sentier nous éloigne des habitations, longeant une ferme-scierie et filant dans une combe bordée d’arbres au blanc manteau. Oui ça fait cliché ! Mais c’est devenu tellement rare ces derniers hivers, surtout à cette altitude !

Pas de soleil, pas même une trouée de ciel bleu, dans la voute uniformément blanche. Le paysage se dévoile au rythme de nos pas. Et c’est bien comme ça ! Savourer l’instant présent, apprécier uniquement ce qui se dévoile à notre regard !

A présent, d’une belle ferme jurassienne, deux chiens nous rejoignent, en maîtres des lieux. Quelques joviales salutations et ils reprennent leur quête des odeurs qui jalonnent leur territoire. Complices dans leurs jeux, virevoltant dans la neige légère. Ils nous accompagnent, nous devancent souvent sur le chemin. Imprévisibles figurants à quatre pattes, moments furtifs qu’il faut saisir, pour animer les clichés des paysages enneigés. Moins coopérants que mes compagnons à deux pattes, dont les couleurs chatoyantes ponctuent l’uniformité blanche !

Au Mont Miroir, point haut de notre itinéraire, nous distinguons le tire-fesse, immobilisé par un infime virus. Les habitants des villages voisins l’auraient utilisé; les skieurs auraient été nombreux à dévaler l’unique piste rouge. Seule une famille profite des joies de la luge. Au bas de la pente, quelques bâtisses, closes, auraient accueilli des skieurs friands de ce minuscule domaine skiable.

Dans la pente, nous obliquons vers une autre combe. Nos deux compagnons nous ont quittés, conscients des limites de leur territoire. Laissant place à deux magnifiques chevaux comtois, à la crinière blonde. Salutations et petite poussée dans le dos de leur tête ! Comme si nous avions besoin d’élan pour avancer ! Inutile, la motivation et le plaisir de cheminer dans les belles combes enneigées du premier plateau sont présents. Tout en conversant ! Tout en envisageant une prochaine sortie raquettes / ski de rando.

Merci à Régis pour cette première randonnée de l’année 2021 qu’il a amplement documentée ici !

Une réflexion sur “Combes enneigées de Thiébouhans

  1. Bonsoir Sophie. Merci pour ce très bon billet. J’adore la manière dont tu alignes les mots. Un régal de te lire. Tout autant de plaisir que celui de parcourir ces chemins et ces combes blanches. A bientôt pour d’autres vadrouilles que j’espère « raquettes » aux pieds !

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